Handicap : les pictogrammes de la perception aux langues
resp. M. Abraham

Dans le projet structurant PALLIACOM de TELECOM Bretagne, une équipe multidisciplinaire composée de chercheurs en image et traitement de l’information a pour but d’améliorer l’absence de communication de personnes victimes de maladies ou de divers accidents par la réalisation d’aides techniques substituant à la langue orale ou écrite une communication par pictogrammes. La recherche sous-jacente porte sur l’analyse des processus de reconnaissance, de compréhension, et de production de langage, en collaboration avec des médecins psychiatres et neurologues, des psychologues et des foyers de vie et des familles. Les usages des méthodes substitutives sont également abordés.

Parmi les nombreux jeux de pictogrammes existants, aucun n’emporte l’adhésion chez les professionnels de la communication par pictogrammes. Nous ne pensons pas que les pictogrammes puissent constituer un langage universel ni par une charte graphique ni dans leur explicitation ni dans leurs objectifs d’usage. Ces objectifs peuvent se décliner suivant les trois orientations suivantes :

Nous développons surtout la partie communication, dans laquelle les pictogrammes sont considérés comme une écriture globale des mots d’une langue. Pour passer de l’écriture pictographique au texte, les pictogrammes doivent représenter les mots du lexique mais aussi des opérations de grammaire. La représentation pose la question de la lecture interprétative des pictogrammes. Du côté de la représentation, nous élaborons par des méthodes de traitement d’image un travail de dégradations successives de photographies vers des dessins de plus en plus épurés ; la série des transformations sera présentée aux usagers dans le sens inverse. On vérifiera alors comment les squelettes d’image retiennent les structures sémantiques principales des entités et à partir de quel degré d’épure l’entité représentée est identifiée. La partition de l’écriture d’une langue entre opérations grammaticales et composants lexicaux diffère d’une langue à l’autre et nous mènerons dans l’équipe LaLIC des études parallèles à nos travaux sur le français à partir de langues différentes structurellement (le coréen par exemple). La comparaison des deux langues permettra d’avancer dans l’hypothèse anti-anti-relativiste.

Publications majeures

ABRAHAM Maryvonne (2006), "Altération de la communication dialogique : le statut de la langue dans la palliation des troubles de la parole", Handicap 2006 : 4ème conférence Nouvelles technologies au service de l'homme, 8-9 juin, Paris, France, 2006

ABRAHAM Maryvonne (2007), "Des pictogrammes pour parler : de la co-conception aux premières évaluations d’usage", ASSISTH' 2007 : 1ère conférence internationale sur l'accessibilité et les systèmes de suppléance aux personnes en situation de handicap, 19-21 novembre, Toulouse, France, 2007